« Avec l’Europe, il faut en faire plus », lance François Legault en Allemagne
Le premier ministre du Québec, François Legault, est en mission économique en Allemagne pour tenter de positionner la province comme un partenaire de choix sur les marchés européens, notamment dans le domaine de de la défense. Il s'est rendu avec une délégation de représentants d’entreprises québécoises à la Foire commerciale de Hanovre, le plus grand rendez-vous commercial en technologie industrielle au monde. Le but de cette visite : aider les entreprises québécoises à établir des liens avec des partenaires européens afin de réduire leur dépendance au marché américain, dont l’accès s’est restreint en raison des tarifs douaniers instaurés par l’administration Trump. Les investissements massifs à venir de la part de l’Europe pour accroître ses capacités en matière de défense constituent une occasion en or pour les entreprises québécoises, selon lui. Avec l’Europe, il faut en faire plus. M. Legault a d’ailleurs eu l’occasion de s'entretenir avec le chancelier allemand Olaf Scholz. L’Allemagne est le premier partenaire économique du Québec en Europe. La province a exporté pour 1,6 milliard de biens en Allemagne en 2024. Les partis d’opposition à Québec ont exigé que cette mission en Allemagne permette de faire des gains concrets et qu’elle ne soit pas seulement un exercice de communication de la part du premier ministre. Le premier ministre croit que les entreprises québécoises pourront tirer parti de ces possibilités, notamment dans les secteurs de l’aéronautique, de la construction navale, des minéraux critiques et de l’intelligence artificielle, des secteurs importants pour l’industrie de la défense et dans lesquels le Québec excelle, selon lui. En ce qui concerne les minéraux critiques, François Legault croit que le Québec sera en mesure de répondre dans un avenir proche à la demande mondiale de métaux comme le zinc, les terres rares, le lithium ou le nickel. L’Europe est d’ailleurs un terreau fertile pour l’économie du Canada et du Québec, selon deux professeurs consultés par La Presse canadienne. François Legault a répété à plusieurs reprises au cours des derniers mois qu’il fallait renégocier l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) en raison du contexte d’incertitude actuel. Cependant, Thierry Warin, professeur à HEC Montréal et directeur du département des affaires internationales, rappelle que le Canada a également un accord avec l’Union européenne, appelé l’Accord économique et commercial global (AECG). Cette Selon lui, la mission économique du premier ministre Legault permettra de donner plus de visibilité à cet accord. De son côté, Florian Mayneris, professeur à l'École des sciences de la gestion de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), va dans le même sens que son collègue de HEC Montréal. Selon lui, la mission du premier ministre est avant tout un Le professeur Mayneris rappelle toutefois que c’est surtout aux entreprises d’investir les nouveaux marchés en Europe et de Pour Florian Mayneris, la situation actuelle montre que le Québec a trop tardé à se diversifier. Cette mission économique est la première en Allemagne pour François Legault. Le premier ministre s’est toutefois déplacé à quelques reprises en France et n'exclut pas d’y retourner. Avec les informations de La Presse canadienneL’Europe et le Canada se disent : "On ne peut plus compter sur les États-Unis s’il y a une attaque dans l’Arctique ou en Europe." Il va falloir travailler ensemble et les Européens voient le Canada comme un bon partenaire
, a-t-il expliqué en conférence de presse dimanche à Hanovre.Je pense qu’on est bien placés pour aller chercher une partie de ces offres-là
, a-t-il indiqué en insistant pour dire qu’il faut augmenter les exportations québécoises vers les pays européens.On a discuté de partenariats avec les entreprises allemandes afin de mettre à profit nos minéraux critiques qui sont essentiels au secteur de la défense
, a-t-il écrit sur les réseaux sociaux, sans toutefois annoncer jusqu'ici de nouveau partenariat.Montréal, quand on parle d’aéronautique, c’est le troisième endroit au monde
, a-t-il indiqué en citant des entreprises comme CAE, Bombardier et Airbus.Actuellement, ces métaux viennent beaucoup de la Chine. Ce qu’on veut, c’est que des compagnies, entre autres allemandes, viennent être partenaires avec nous pour aller chercher le minerai, le transformer et l’envoyer un peu partout dans le monde
, a-t-il affirmé.
Pivot nécessaire vers l’Europe
autoroute
commerciale est toutefois sous-utilisée, selon le professeur. Comme les économies n’ont pas été optimisées dans l'utilisation de cet accord, ça nous laisse une possibilité
, explique-t-il.Geste politique
geste politique
.Il veut montrer par l'exemple que la transformation de l'économie québécoise, qu'il appelle de ses vœux depuis quelques semaines, il met l'épaule à la roue pour la faire
, soutient-il.nouer des partenariats
.Je pense que les alliés européens, avec le contexte géopolitique, vont être très sensibles à l'idée d'aider les amis canadiens et à dire : "OK, c'est quand même malhonnête, ce qui est en train de se passer pour le Canada"
, ajoute-t-il.Maintenant, est-ce que ça veut dire qu'il ne faut pas le faire? Non, au contraire
, affirme-t-il, ajoutant une mise en garde.Si jamais les choses se calmaient avec les États-Unis dans les mois qui viennent, le risque, c'est qu'on revienne à nos vieilles habitudes, et il faut absolument éviter ça
, soutient le professeur Mayneris.
Advertising by Adpathway









